FEMMES DU MONDE ET RECIPROQUEMENT

#023 – Fatma X

Portrait Fatma X

Première publication le 18/10/2024 L’Egyptienne Fatma, dont nous ne dévoilerons pas le nom pour des raisons de sécurité, est défenseuse des droits humains et directrice d’une association pour la liberté d’expression dans son pays.  La militante nous dévoile les défis auxquels les femmes égyptiennes font face au quotidien, tant sur le plan social que législatif. Elle aborde également son projet : « La voix des femmes », visant à transformer les statistiques des violences faites aux femmes en histoires percutantes pour sensibiliser l’opinion publique.  Au cœur de l’épisode, Fatma nous offre une plongée dans son enfance au sein d’une famille engagée pour l’égalité dans une société conservatrice, ainsi que ses rêves d’un avenir meilleur pour les femmes de son pays. Ecouter

#022 – Roshna KHALID

Portrait Roshna KHALID

Première publication le 04/10/2024 L’Afghane Roshna Khalid était une journaliste de télévision emblématique de la défense des droits humains en Afghanistan. Aujourd’hui exilée en Allemagne depuis août 2021 et la reprise de Kaboul par les talibans qui l’ont interdite d’antenne, elle nous raconte les défis qu’elle a rencontrés dans un pays miné par la corruption ainsi que la censure des autorités et l’hostilité du public conservateur. Roshna Khalid souligne également l’impact positif de son travail au sein de la société afghane et notamment auprès des jeunes femmes qui se sont senties inspirées par son exemple. Enfin, elle nous dit ses espoirs pour l’avenir de son pays. Ecouter

#021 – Nuray SIMSEK

Portrait Nuray SIMSEK

Première publication le 20/09/2024 La Turque Nuray Simsek est professeure de philosophie, syndicaliste et militante défenseuse des droits humains. Elle nous raconte son parcours profondément marqué par la tentative de coup d’État en Turquie en 2016, un événement qui a bouleversé sa vie en provoquant son licenciement brutal, comme de nombreux/ses autres intellectuel.les et activistes à l’époque. La militante nous plonge dans les réalités d’une Turquie en proie à la répression, où la liberté d’expression et les droits fondamentaux ont été bafoués, et où les voix dissidentes, comme la sienne, ont été réduites au silence. Elle nous partage les défis personnels et professionnels qu’elle a dû affronter, notamment en tant que femme. Pourtant, Nuray Simsek ne s’est pas laissée abattre. Au contraire, elle s’est relevée avec encore plus de détermination, en faisant de cette épreuve un point de départ pour intensifier son engagement dans la lutte pour la justice et l’équité. Ecouter

#020 – Tatsiana KHOMICH

Portrait Tatsiana KHOMICH

Première publication le 06/09/2024 La Biélorusse Tatsiana Khomich est représentante du conseil de coordination des prisonnier.e.s politiques et membre depuis 2020 de l’équipe de Victor Babariko, candidat d’opposition à l’élection présidentielle en tant que responsable des médias. En tant que porte parole de sa sœur Maria Kadesnikava, prisonnière politique,Tatsiana Khomich nous parle de la crise politique qui règne en Biélorussie et de son combat pour attirer l’attention sur la situation des prisonnier.e.s politiques et les violations des droits humains dans son pays. Exilée entre la Pologne, l’Allemagne et la France, l’activiste se bat pour revenir en Biélorussie. Ecouter

#019 – Yuvelis MORALES

Portrait Yuvelis MORALES

Première publication le 28/06/2024 La Colombienne Yuvelis Natalia Morales Blanco est étudiante en génie de l’environnement. Membre du comité AGUAWIL et de l’Alliance Colombia Libre du Fracking, elle nous parle de sa lutte contre l’extractivisme, qui détruit massivement les ressources naturelles d’un des pays qui offrent la plus grande biodiversité au monde. Yuvelis Morales, jeune écoféministe nous transmet avec autant d’enthousiasme que de poésie et de conviction son amour viscéral de la Colombie, de sa terre et de son fleuve, qui traverse tout le pays, la Magdalena. Ecouter

#018 – Rahel KELUS

Portrait Rahel KELUS

Première publication le 14/06/2024 L’Estonienne Rahel Kelus est étudiante à l’Institut Science Po, spécialisée dans les féminismes et l’environnement. Elle rêve de devenir diplomate. L’Estonie est un pays souvent considéré comme avancé en termes de droits des femmes. Malgré cela, Rahel Kelus nous dresse un tableau moins exemplaire : une sur-représentation masculine au Parlement, un nombre important de femmes victimes de violences conjugales, une « allergie » au mot « féminisme » qui en dit long sur les pressions qui pèsent toujours sur l’égalité. Ecouter

#017 – Dilek ELVEREN

Portrait Dilek ELVEREN

Première publication le 31/05/2024 La Turco-Belge Dilek Elveren est experte des droits des femmes sur la scène internationale avec un pied en France, l’autre en Turquie. Dilek Elveren a été chargée de s’assurer de la prise en compte du genre dans des missions de Médecins du Monde notamment à Haïti et en Algérie, et par la suite, responsable de la programmation en matière d’égalité pour l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Elle aborde des sujets essentiels tels que l’invisibilisation des femmes dans les médias, la coopération avec les associations locales, la grossophie, la dimension politique de la francophonie, toujours dans une perspective féministe. Ecouter

Les droits des femmes, de la Conférence de Pékin en 1995 à aujourd’hui en 2025

Image du siège des Nations Unies à New York - image générée par IA

L’année 2025 marque les trente ans de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing, adoptés lors de la Conférence mondiale sur les femmes de l’Organisation des Nations Unies (ONU) en 1995. C’est un anniversaire important pour les droits des femmes dans le monde. Selon ONU femmes, ils constituent « le plan le plus complet et le plus visionnaire jamais créé pour parvenir à l’égalité des droits pour toutes les femmes et les filles ». Ce n’est probablement pas ce qu’on appelle un sujet « grand public », mais c’est un enjeu majeur pour la moitié de l’humanité et pour la société tout entière. C’est en tout cas l’occasion de faire un point sur l’évolution des droits des femmes sur notre planète bleue, rougie ces dernières années par la prolifération des conflits sanglants, le record historique du montant global des budgets de défense, tous Etats confondus, et l’augmentation du nombre de morts violentes, en zone de guerre ou en temps de paix. Chine, septembre 1995. Des centaines d’Etats membres des Nations Unies et d’organisations non gouvernementales (ONG), des milliers de délégué.es de gouvernements et d’institutions, des milliers de femmes et d’hommes – des femmes essentiellement – de la société civile internationale, des expert.es, des militant.es, au total 17 000 personnes, se pressent à Pékin (on dit Beijing aujourd’hui), pour la quatrième Conférence mondiale sur les femmes organisée par l’ONU. Cet évènement hors normes allait marquer un tournant dans l’histoire des droits des femmes et donner naissance à la Déclaration et la Plateforme d’Action de Pékin, adoptée par un consensus mondial des 189 Etats formant les Nations Unies. Elle produira un cadre global pour promouvoir l’égalité des sexes et l’émancipation des femmes et des filles au niveau international, décliné en douze domaines critiques, considérés comme les obstacles fondamentaux à l’autonomisation des femmes et à leur accès à l’égalité réelle avec les hommes. Pour mémoire, les douze points de vigilance cruciale sont la pauvreté, l’éducation et la formation des femmes, la santé, les violences contre les femmes, la condition des femmes dans les conflits armés, l’économie, le pouvoir et la prise de décision, les mécanismes institutionnels, les droits humains des femmes, les media, l’environnement, et enfin les petites filles. L’idée est que si les Etats s’attaquent frontalement à ces obstacles, alors l’égalité entre les femmes et les hommes deviendra une réalité. L’objectif de la plateforme est d’une part de fournir un cadre d’action international, qui guide les politiques en faveur de l’égalité, et d’autre part, de montrer la nécessité d’intégrer les droits des femmes dans l’ensemble de la vie économique, sociale et politique, pour une société plus juste et prospère. Chacun des 189 pays signataires s’est engagé à mettre en œuvre les objectifs de la plateforme dans ses législations et ses politiques nationales, et d’en rendre compte régulièrement, l’ONU étant chargé de soutenir les Etats dans l’application de leurs engagements et d’assurer l’organisation de l’évaluation par l’ensemble des pays tous les 5 ans. De fait, en trente ans, on note des progrès considérables dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, dans l’accès à la santé et à l’éducation, dans la participation politique et économique, dans les législations. Ainsi par exemple, on constate une meilleure protection juridique des femmes et des filles dans le monde avec aujourd’hui plus de 1583 lois contre les violences adoptées dans 193 pays contre seulement 12 pays en 1995. Et sur la question des femmes dans les conflits, les plans nationaux d’action, intitulés Femmes, Paix et Sécurité sont à présent 112 , contre 19 en 2010. Mais on constate aussi des inégalités persistantes et, plus inquiétant, des reculs législatifs et « moraux » renforcés par l’impact délétère des crises mondiales et notamment la pandémie de COVID 19 dont on subit encore aujourd’hui et pour longtemps les conséquences. Dans quelques semaines, le 10 mars prochain, s’ouvrira la 69ème session de la commission du statut des femmes (CSW 69) de l’ONU à New York comme chaque année à la même période. Elle sera précisément dédiée à la Déclaration et au programme d’action de Beijing. ONU femmes affirme : « De nos jours, une fille de quinze ans vivant dans le monde en développement a plus de chances que jamais. Par rapport aux générations précédentes, il y a moins de risques qu’elle vive dans une extrême pauvreté et il y a plus de chance qu’elle puisse grandir en bonne santé et bien nourrie. Le taux de mortalité maternelle a chuté de 38% entre 2000 et 2017 alors qu’il reste élevé dans certaines régions du monde. Au niveau mondial, cependant, les femmes âgées de 25 à 34 ans ont 25% plus de risques que les hommes de vivre dans une pauvreté extrême. Bien que le nombre d’enfants non scolarisés dans le primaire et le secondaire ait presque été divisé par deux depuis 1995, 32 millions de filles en âge d’aller à l’école primaire ne fréquentent toujours pas l’école. Le taux de mariages d’enfants est passé d’un sur quatre à un sur cinq, mais 650 millions de femmes vivant dans le monde aujourd’hui se sont mariées avant leur dix-huit ans. La politique reste un domaine principalement masculin, les trois-quarts des sièges parlementaires étant occupés par des hommes ». Il reste encore beaucoup à faire. Mais, malgré le backlash qui est dénoncé à juste titre et la vigilance qu’il nous faut garder, les droits des femmes avancent envers et contre tout. Jocelyne Adriant-Mebtoul 50-50 Magazine 50-50 Magazine sera à la CSW 69 pour cette édition spécialement dévolue à la conférence de Pékin et rendra compte dans ces colonnes du bilan établi à l’ONU sur l’évolution des droits des femmes, de la Conférence de Beijing jusqu’à aujourd’hui. Article publié dans 50/50 magazine le 30 janvier 2025

#015 – Lina CHAWAF

Portrait de Lina Chawaf

Première publication le 03/05/2024 La Syrienne Lina Chawaf est journaliste depuis presque 30 ans et fondatrice-directrice de la radio Rozana, radio communautaire et citoyenne syrienne. Lina Chawaf lutte depuis de nombreuses années pour les droits des femmes et la liberté de la presse. Ayant grandi entre la Syrie et l’Allemagne, la petite Lina Chawaf s’indignait déjà d’avoir le droit de faire du vélo en Allemagne mais pas en Syrie. Dans cet épisode, Lina Chawaf se livre sur sa vie, les violences sexuelles dont elle a été victime et ses conséquences, l’état des droits des femmes en Syrie, ses combats, ses rêves, son rôle de mère et ses enfants qui sont ses inspirations au quotidien. Ecouter