FEMMES DU MONDE ET RECIPROQUEMENT

Chronique Femmes du Monde : Palestiniennes et Palestiniens dans l’enfer de Gaza 1/2

Un enfant palestinien sur un champ de ruines

Article publié la première fois dans 50/50 magazine le 5 juin 2025 Gaza : plus d’enfants tué·es en dix-huit mois qu’en quatre ans de guerres dans le monde entier Encore combien d’enfants devront-elles/ils mourir à Gaza, avant que la communauté internationale s’interpose ? 15 000 enfants et bébés de Gaza sont déjà mort·es depuis le 8 octobre 2023 sous les bombes, par balles, sous les gravats des bâtiments écroulés. C’est plus que le nombre d’enfants tué·es en quatre ans de guerres dans le monde entier… L’ONU alerte sur le risque imminent que 14 000 autres enfants meurent de faim et faute de soins à cause de la destruction méthodique des infrastructures et du blocus alimentaire et sanitaire imposé par M. Benjamin Netanyahou, Chef du gouvernement israélien sous mandat d’arrêt international depuis le 21 novembre 2024, inculpé par la Cour Pénale Internationale (CPI) pour « crime de guerre de famine comme méthode de guerre ; crimes contre l’humanité de meurtre, persécution et autres actes inhumains », avec M. Yoav Gallant son ancien ministre de la Défense, comme « supérieurs civils pour le crime de guerre consistant à diriger intentionnellement une attaque contre la population civile ». Depuis, Gaza, cette petite langue de terre de 360 kilomètres carrés à la densité de population la plus forte au monde, n’est plus qu’un champ de ruines. Plus de 54 600 Palestiniens et Palestiniennes sont mort·es entre le 8 octobre 2023 et aujourd’hui : 70% sont des femmes et des enfants. Plus de deux millions de personnes sont «en danger de mort imminente» selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 125 000 sont blessé·es et 100% de la population gazaouie est menacée de famine, selon l’ONU. Il y a donc urgence. De fait, les bombardements massifs s’abattent en continu sur des zones extrêmement peuplées, y compris les camps de réfugié·es, les hôpitaux, les écoles et les infrastructures essentielles. 94% des hôpitaux sont endommagés ou détruits. Les terres agricoles ont été ravagées et sont inutilisables à 95% (FAO). Selon plusieurs ONG dont Oxfam : «Israël utilise l’eau comme arme de guerre, à l’heure où l’approvisionnement de Gaza s’effondre de 94%, provoquant une catastrophe sanitaire mortelle». L’eau disponible correspond à moins de cinq litres par jour et par personne, l’équivalent de « moins d’une seule chasse d’eau» selon l’organisation. 95% des écoles ont été détruites. Adèle Khodr, la directrice de l’UNICEF pour la région, déclarait récemment : « Les enfants de la bande de Gaza ont perdu leur maison, les membres de leur famille, leurs amis, leur sécurité et leur vie quotidienne. Ils ont également perdu le lieu de refuge et de stimulation que leur offrait l’école, ce qui fait que leur avenir prometteur risque d’être assombri par ce conflit épouvantable». Derrière les chiffres, les mots et les récits nationaux, celui d’Israël, celui de la Palestine, «qui de la poule ou de l’oeuf…», derrière les théories et les théocraties, Il y a des humains : des hommes, des femmes, beaucoup de femmes, et des enfants, surtout des enfants, de manière disproportionnée. Des images des Gazaoui·es nous arrivent au compte-goutte, la presse internationale étant interdite d’accès à Gaza par l’Etat hébreu. Elles nous montrent des villes réduites à néant, des enfants affamé·es et dénutri·es, des milliers de personnes déplacées au gré des ordres d’évacuation d’Israël, vers le Sud, puis vers l’Est, puis de nouveau vers le Nord. L’ONU indique que 90% de la population totale ont subi plusieurs déplacements, plus d’une dizaine souvent, sur des routes dévastées et poussiéreuses, sous les bombardements incessants, sans possibilité de fuir dans cette enclave infernale, d’un camp de refugié·es à un abri de fortune : hommes, femmes, enfants, personnes âgées, valides, invalides. L’agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNRWA) indique que Gaza compte le plus grand nombre d’enfants amputé·es par habitant·e au monde. Le matériel médical et les médicaments étant soumis au même blocus que l’eau, le gaz et la nourriture, il n’est pas rare que les amputations des adultes comme des enfants soient réalisées sans anesthésie. Kfir, Ariel, Ayssel, Asser, Jubran, Eve, Sidra et les autres… rien que des enfants Dans une précédente chronique du 17-10-2024, j’avais parlé de Kfir et Ariel, ces deux jeunes enfants israéliens de quatre ans et 9 mois, pris en otage avec leurs parents le 7 octobre 2023 par le Hamas. On ne les savait pas encore morts en captivité avec leur mère. Leurs photos avaient fait la Une des media et le sort de ces deux petits innocents nous avaient révolté·es, avaient révolté le monde. Aujourd’hui, on commence aussi à mettre des noms sur les petits cadavres gazaouis, qui n’étaient jusque-là que des chiffres déshumanisés pour l’Occident. On ne peut pas tous les citer, ils sont 15 000… Mais on peut, au moins, leur consacrer quelques lignes en rappelant deux tragédies parmi tant d’autres, tout au long de ce «massacre des innocents», qui dépasse désormais très largement l’objectif affiché d’éradiquer le Hamas dont les principaux chefs ont été tués – Ismaël Haniyeh, Yahya Sinouar et Mohammed Deif – selon Tsahal, l’armée israélienne elle-même. Mardi 13 août 2024. Un jeune père de famille marié depuis un an, revient fièrement chez lui avec les certificats de naissance de ses jumeaux récupérés à la commune. Il n’a pas le temps de revoir ses bébés. Dans l’intervalle, sa maison a été bombardée, sa femme Joumana Arafa et ses enfants, Asser et Ayssel, ont été tuées, ainsi que leur grand-mère. Les nourrissons, un garçon et une fille, avaient trois jours. Jusqu’à son septième mois de grossesse, Joumana, pharmacienne de 28 ans, avait aidé bénévolement à gérer le flux des blessé·es et des malades privé·es de médicaments, dans l’un des rares hôpitaux qui fonctionnaient encore partiellement à Gaza. Vendredi 23 mai 2025. Alaa Al-Najar, pédiatre palestinienne, venait de prendre son tour de garde à l’hôpital Nasser dans le sud de Gaza. Elle a vu arriver les dépouilles calcinées de neuf de ses dix enfants, tués par une frappe israélienne sur leur maison à Khan Younès. Elles/ils s’appelaient Yahya 12 ans, Rakan 10 ans, Eve 9 ans, Ruslan 7 ans, Jubran 7 ans, Revan 5 ans, Sayden 3 ans, Luqman 18 mois et Sidra 7 mois. Seuls survivants le père, médecin lui aussi, et un enfant, … Lire la suite

#013 – Abier EL MASRI

Portrait d'Abier El Masri

Première publication le 05/04/2024 La Palestinienne Abier El Masri travaille pour l’organisation internationale Human Rights Watch et milite activement pour les droits humains et les droits des femmes en Palestine et ailleurs dans le monde. Abier El Masri se confie sur les restrictions qui pèsent au quotidien sur l’ensemble de la population à Gaza depuis longtemps, mais également, et surtout, sur les doubles restrictions subies par les femmes, victimes de surcroît de lois discriminatoires. Se définissant elle-même comme «passionnée» par la défense des droits humains, Abier El Masri nous parle de son enfance à Gaza, de ses difficultés à pouvoir faire carrière, de la situation à Gaza où elle espère retourner pour retrouver sa famille qui l’attend. Elle rappelle l’importance de croire en soi et l’importance d’être libre de ses mouvements pour disposer de son corps et décider de son avenir. Ce podcast a été enregistré avant le 7 octobre 2023 et le conflit actuel Israël-Palestine qui a fait des dizaines de milliers de mort•es. Au moment de la mise en ligne de cet épisode, nous sommes sans nouvelles d’Abier. Ecouter

#012 – Brigitte GRESY

Portrait de Brigitte Grésy

Première publication le 21/03/2024 La Française Brigitte Grésy est l’autrice du précurseur Petit traité contre le sexisme ordinaire paru en 2009. Successivement responsable du service ministériel des droits des femmes, directrice de cabinet, secrétaire générale du Conseil supérieur de l’égalité professionnelle, présidente du Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes, cette énarque et agrégée de grammaire a consacré l’essentiel de sa carrière à l’égalité professionnelle dans les politiques publiques. Elle se considère modestement comme une « bricoleuse de l’égalité ». Aussi créative qu’énergique, Brigitte Grésy a tout au long de son parcours lutté contre la disqualification injuste des femmes, notamment dans le domaine du travail. Elle nous confie la source de ses motivations, de la joyeuse enfant au bord de mer en Bretagne à l’experte incontournable de l’égalité qu’elle est devenue en France Ecouter

#011 – Hanye ZIAEI

Portrait d'Hanieh Ziaei

Première publication le 08/03/2024 Pour le 8 mars 2024, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, le podcast Femmes Engagées vous invite à écouter l’exceptionnelle politologue spécialiste de l’Iran et Femme Engagée Hanieh Ziaei, contrainte à quitter son pays pour sa sécurité. Elle nous parle de la situation en Iran, des liens entre les Françaises et les Iraniennes, son rapport à la Belgique, son enfance et son parcours et surtout, de l’importance de garder espoir pour les Iraniennes et pour les femmes en lutte dans les monde entier. Ecouter

#010 – Asma DARWISH

Portrait d'Asma Darwish

Première publication le 01/03/2024 La Bahreïnienne Asma Darwish est consultante, défenseuse des droits humains, lauréate de l’Initiative Marianne et réfugiée politique en France. Forcée à porter le voile dès ses 9 ans, Asma Darwish n’avait que 20 ans quand elle a commencé à militer pour réclamer des réformes socio-politiques dans son pays. Quelques temps plus tard, Asma Darwish a entamé une grève de la faim pour obtenir des nouvelles de son frère, enlevé par les services de sécurité bahreïniens. Depuis, Asma Darwish vit en France avec sa famille et poursuit son militantisme pour les droits civils, politiques, pour la liberté d’expression et d’association et, toujours, pour les droits des femmes au Moyen-Orient. Asma Darwish est un exemple de militantisme résiliant, enthousiaste, qui se fait et se transmet avec un espoir contagieux. Ecouter

#009 – Anarkali HONARYAR

Portrait d'Anarkali Honaryar

Première publication le 16/02/2024 L’Afghane Anarkali Honaryar est docteure et militante pour les droits humains. Elle était sénatrice et a reçu le prix UNESCO pour la promotion de la tolérance et de la non violence. Depuis l’enfance, Anarkali Honaryar a été discriminée à la fois parce qu’elle était une femme et parce qu’elle est de la minorité religieuse des sikh hindous en Afghanistan. Le retour des talibans à Kaboul le 15 août 2021, l’a contrainte à s’exiler. Elle nous parle de son engagement, de la culture afghane, du joug qui pèse sur les femmes, de ses parents qui sont ses héros et de l’importance de recevoir, transmettre et partager des énergies positives et de l’amour, et enfin de s’unir contre les injustices. Ecouter

#008 – Fahimeh ROBIOLLE

Portrait de Fahimeh Robiolle

Première publication le 02/02/2024 L’iranienne Fahimeh Robiolle est consultante, enseignante, ingénieure en énergie atomique et militante. Elle soutient les personnes réfugiées de divers pays comme l’Afghanistan et l’Iran et développe des outils pour accompagner les femmes leaders de ces mêmes pays. Ce matin même, 4 demandes de détresse lui étaient parvenues ; des femmes et des hommes qui fuient des pays où leurs droits y sont négligés. En particulier, Fahimeh Robiolle alerte à travers le monde sur la restriction des libertés des femmes et la négation de leurs droits. Ecouter

#007 – Noura GHAZI

Portrait de Noura Ghazi

Première publication le 26/01/2024 La syrienne Noura Ghazi est avocate, militante pour les droits humains, la paix et la justice, spécialisée dans la lutte contre les disparitions forcées et les détentions arbitraires. En 2018, elle a été nommée par Amnesty International comme l’une des 8 militantes les plus influentes au monde, et on comprend pourquoi : Noura Ghazi est une source inépuisable d’inspiration pour toute une génération qui veut faire primer les droits humains et faire cesser les violences. Elle voit l’amour et l’espoir là où d’autres ont abandonné et elle rêve de retourner vivre dans une Syrie pacifiée. Ecouter

#006 – Rhobi SAMWELLY

Portrait de Rhobi Samwelly

Première publication le 19/01/2024 Rohbi Samwelly est directrice de l’association Hope for Girls and Women en Tanzanie et est une survivante de mutilation sexuelle génitale. Militant sans relâche pour protéger les femmes et les filles, son association fait du plaidoyer au sein des communautés pour que ces exactions cessent. Rhobi Samwelly nous raconte la souffrance qu’elle a vécue, mais aussi son parcours de reconstruction, ses luttes, ses rêves, ses ambitions, ses passions.   Ecouter

#005 – Lamia MOUNAVARALY

Portrait de Lamia Mounavaraly

Première publication le 12/01/2024 Lamia Mounavaraly se qualifie comme une « enfant de l’Océan Indien ». Féministe par-delà les frontières, elle siège au Haut Conseil à l’Égalité en tant que personnalité qualifiée et a co-fondé « Aujourd’hui Les Citoyennes », une association visant à accompagner, former et soutenir des jeunes femmes à investir le champ politique local et régional ainsi qu’à assurer leur meilleure représentation dans l’espace public. Lamia Mounavaraly travaille pour intensifier les échanges intergénérationnels et valoriser le matrimoine historique, souvent omis, des femmes qui lui ont ouvert le chemin. Elle incarne avec enthousiasme son mantra : « tipa tipa narivé », petit à petit on y arrive. Ecouter