FEMMES DU MONDE ET RECIPROQUEMENT

#056 – Hura MIRSHEKARI

Hura MIRSHEKARI

Première publication le 13/02/26 L’Iranienne Hura Mirshekari est une artiste et chanteuse aux œuvres revendicatrices et intimes. Elle est la première femme à chanter dans le dialecte sistani de sa région, où l’expression artistique des femmes est souvent censurée. Dans cet épisode chargé d’émotions, Hura Mirshekari revient sur la quasi-invisibilisation des filles et des femmes du Sistan-et-Baloutchistan en Iran, dont elle est originaire. Les hommes contrôlent et décident de tout pour les femmes, condamnées à une vie sans liberté. Elle se confie enfin sur l’importance de l’art, qui l’a sauvée et permis de se reconnecter avec elle-même, après son arrivée en France. Ecouter

#055 – Le Siècle de Renée

Renée GERARD

Première publication le 30/01/26 La Française Renée Gérard est une experte onusienne, défenseuse des droits humains et militante féministe centenaire.  Dans cet épisode exclusif à l’occasion de ses 100 ans, Renée Gérard revient avec nous sur son siècle de féminisme, en abordant les moments-clés pour les droits des femmes en France comme à l’international : le droit de vote des Françaises, la Conférence de Pékin, la constitutionnalisation de l’IVG… Longtemps fonctionnaire de l’ONU, elle nous raconte ses expériences et ses rencontres à travers l’Asie, l’Afrique et le Moyen-Orient, qui l’ont peu à peu sensibilisée à la cause des femmes. Elle témoigne enfin de ses craintes concernant le contexte géopolitique actuel, l’impuissance des Nations Unies et le recul des droits humains. Ecouter

#054 – Linh Lan DAO

Linh Lan DAO

Première publication le 16/01/26 La Franco-Vietnamienne Linh-Lan Dao est une journaliste, essayiste et activiste antiraciste. Dans cet épisode, Linh-Lan Dao revient sur son combat contre le racisme anti-asiatique en France, qui s’illustre de manière différente des autres types de racisme. Elle dénonce notamment la hiérarchie faite parmi les personnes racisées dans une France au passé colonial toujours présent, et la façon dont la minorité asiatique est mise en avant pour mieux critiquer d’autres minorités, noires et arabes particulièrement. Elle se confie enfin sur son engagement féministe, qui a toujours été une évidence pour elle, car le patriarcat et les violences sexistes et sexuelles existent dans tous les pays du monde. Ecouter

#053 – Lydia KETTY NAVAL

Lydia KETTY NAVAL

Première publication le 02/01/26 La Guadeloupéenne Lydia Ketty-Naval est une journaliste au parcours professionnel diversifié. Ancienne danseuse, mannequin puis commerciale, elle anime aujourd’hui l’émission féministe Tant qu’il y aura des Femmes de Radio Aligre.  Dans cet épisode, Lydia Ketty-Naval revient sur sa carrière de célèbre clodette de Claude François, qui lui a permis d’assumer sa vie de femme libre et son choix de ne pas entrer dans les rangs. Elle se confie enfin sur la relation compliquée de la France vis à vis de ses anciennes colonies antillaises, notamment la Guadeloupe dont elle est originaire, et la discrimination des antillais.es, encore souvent considérés comme citoyens de seconde zone. Ecouter

Chronique Femmes du Monde : Européennes !

A la veille des élections européennes du 9 juin 2024, un petit tour de l’Union Européenne (UE) s’impose pour observer les droits des femmes dans cet espace de l’Europe et les enjeux de ce vote, dans le contexte de « brutalisation du monde » qu’on constate un peu plus chaque jour. L’Union européenne, c’est 27 Etats membres sur 54 pays pour le continent, quatre millions de kilomètres, 448 millions de citoyen·nes : l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, la Bulgarie, Chypre, la Croatie, le Danemark, l’Espagne, l’Estonie, la Finlande, la France, la Grèce, la Hongrie, l’Irlande, l’Italie, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, Malte, les Pays Bas, la Pologne, le Portugal, la République tchèque, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie et la Suède. Comme tous les cinq ans, les Européens et Européennes de l’UE vont se rendre aux urnes pour élire cette année 720 parlementaires – dont 81 député·es françai·ses. Il faut reconnaître que ce scrutin est un peu celui du désamour. Celui que les Français·es dédaignent le plus. En particulièrement les femmes qui votent moins que les hommes lors de ces élections. C’est que cette entité semble lointaine, « techno », pas assez ancrée dans la vie réelle et quotidienne des gens.  Et pourtant, selon que nous voterons en nombre ou pas, l’Europe engagera notre avenir dans un sens ou dans un autre, surtout lorsqu’on mesure la forte percée des populismes et des extrêmismes, qui devrait tous et toutes nous inquiéter… Et nous mobiliser.  Les partis d’extrême-droite sont aujourd’hui en passe de remporter de nombreux sièges supplémentaires au Parlement européen. Or, lorsque ces forces arrivent au pouvoir on sait bien qu’elles n’ont de cesse de remettre en cause les droits des femmes et l’égalité.  Certes, l’Europe reste le continent qui regroupe le plus grand nombre de pays classés en tête pour l’égalité entre les femmes et les hommes selon l’Institut de recherche sur la paix d’Oslo (PRIO), lequel place sur le podium dans l’ordre : l’Islande, la Norvège, la Finlande, la Nouvelle Zélande et la Suède. Dans la même idée des « bons élèves » européens, la France a récemment marqué l’histoire des droits des femmes le 8 mars dernier en inscrivant l’IVG dans sa Constitution, une première mondiale. Et l’association Choisir la cause des femmes, qui poursuit l’idée de Gisèle Halimi, proposant que les meilleures lois nationales des 27 Etats membres pour les femmes puissent s’appliquer à tous et bénéficier ainsi à toutes les Européennes, a réalisé une étude très intéressante à cet égard. Elle cite par exemple l’Estonie pour la mise en place de la meilleure éducation relationnelle, affective et sexuelle dans son système éducatif, l’Espagne pour sa politique globale de lutte contre les violences sexuelles ou son système de mariage et de divorce, la Finlande pour sa définition du viol et des violences sexuelles, le Danemark pour ses structures de garde, l’Allemagne pour la criminalisation de l’inceste sur enfants et adultes, Chypre pour l’imprescriptibilité du crime de viol, la Croatie sur l’indemnisation des victimes du viol de guerre, et d’autres encore. De quoi nourrir le rêve d’une Europe meilleure.  Mais dans le même temps, l’Europe est partie intégrante de la dynamique internationale de recul des droits et elle est totalement interdépendante du reste du monde, dans une époque de profonde recomposition géopolitique. Si on regarde le globe terrestre, qu’est-ce qu’on voit ? Notre planète bleue l’est de moins en moins avec la pollution et le dérèglement climatique ; des régions entières des cinq continents sont à feu et à sang ; les conflits armés prolifèrent, 614 millions de femmes et de filles vivent dans un pays touché par des conflits (chiffres ONU 2022) ; 76 millions de personnes sont des déplacé·es internes et plus des deux-tiers sont, là encore, des femmes et des enfants ; le budget militaire mondial atteint le record historique de 2 243 milliards de dollars… On se prend à imaginer ce qu’on pourrait faire pour les droits des femmes et pour la paix avec cette manne !  Sur notre planète, les droits des femmes reculent au même rythme que reculent les démocraties tandis que les guerres et conflits augmentent au point qu’on en dénombre une centaine aujourd’hui. L’Europe n’y échappe pas depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022.  Droits des femmes, Union européenne et diplomatie féministe. Depuis cette date, les Ukrainiennes subissent à nouveau toutes les violences sexospécifiques qui accompagnent systématiquement la guerre des hommes. Ce qu’elles avaient déjà dû subir en 2014, lors de l’annexion de la Crimée par la Russie, de la part des armées et milices aussi bien de Russie que d’Ukraine, à l’époque.  Sans parler de la guerre, en Europe les femmes et leurs droits sont en danger dans bien des domaines. En Italie, l’accès à l’IVG est de plus en plus difficile, la majorité des gynécologues-obstétriciens refusant désormais de pratiquer des avortements en tant qu’« objecteurs de conscience ». En Pologne, malgré le changement politique l’avortement est dans les faits toujours aussi peu accessible. En Hongrie, on impose à présent aux femmes désireuses d’avorter d’écouter les battements de cœur du fœtus… La Hongrie toujours, avec cinq autres pays de l’UE, la Bulgarie, la Lettonie, la Lituanie, la Slovaquie et la République tchèque ont refusé de ratifier la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’encontre des femmes et la violence domestique, dite Convention d’Istanbul – qui représente le texte international le plus abouti en matière de droits des femmes – au prétexte qu’elle aurait une approche idéologique du genre et serait une incitation à l’immigration. En Turquie, le chef de l’Etat a dénoncé ce traité en 2021 – dix ans après avoir été le premier à la signer en 2011 – et tend de plus en plus à effacer le principe d’égalité femmes/hommes au profit de celui de « complémentarité ». Même la Suède pourtant exemplaire en matière d’égalité, a abandonné la diplomatie féministe à la faveur de l’élection d’une coalition avec l’extrême droite. Décidément Simone de Beauvoir avait tellement raison de rappeler que les droits des femmes ne sont jamais acquis. Heureusement, l’Union européenne a le pouvoir de faire progresser l’égalité femmes/hommes, qu’elle a placée parmi ses priorités. Elle a mis en œuvre une … Lire la suite

#052 – Nancy HOUSTON

Nancy HOUSTON

Première publication le 12/12/25 La Kenyane Nancy Houston est avocate à la Haute Cour du Kenya où elle défend les droits humains. Militante féministe, elle a cofondé le mouvement « Feminists in Kenya » avec sa sœur jumelle, avocate elle aussi, pour  promouvoir les droits des femmes et lutter contre les violences de genre. Dans cet épisode, Nancy Houston raconte le contexte difficile dans lequel les femmes kényanes vivent, entre conservatisme religieux et culturel. Elle souligne également les inégalités dans l’accès à l’éducation, levier important d’émancipation, au même titre que l’autonome économique. Ecouter

#051 – Fiorella HERRERA

Fiorella HERRERA

Première publication le 28/11/25 La Péruvienne Fiorella Herrera est défenseuse de l’environnement et la fondatrice de We Can Be Heroes, une ONG qui a mis en œuvre plus de 70 projets socio-environnementaux dans des communautés indigènes, autochtones et vulnérables à travers le Pérou. Dans cet épisode, Fiorella Herrera aborde les problèmes de surexploitation des ressources naturelles, notamment en Amazonie, et l’inaction des gouvernements face aux changements environnementaux. Engagée pour l’égalité entre tous les êtres vivants, elle encourage les femmes à s’exprimer dans des sociétés encore patriarcales. Ecouter

#050 – Tamar KINTSURASHVILI

Tamar Kintsurashvili

Première publication le 14/11/25 La Géorgienne Tamar Kintsurashvili est journaliste et fondatrice de « Media Development Foundation » , une organisation luttant contre les discours de haine, la désinformation des médias russes et pour la garantie d’un espace de défense des droits humains. Dans cet épisode, Tamar Kintsurashvili revient sur la crise démocratique que subit actuellement la Géorgie, menée par un gouvernement proche de la Russie. Féministe convaincue, elle dénonce également la régression des droits des femmes, qui est pour elle un indicateur du recul de l’Etat de droit. Ecouter

#049 – Gemma JONES NDJOLI

Gemma JONES NDJOLI

Première publication le 31/10/25 L’Equato-Guinéenne-Espagnole Gemma Jones Ndjoli est une avocate experte en fiscalité internationale, défenseure des droits humains. Sa suspension* pour raisons politiques du barreau de Guinée équatoriale en 2023 renforce son engagement en faveur des valeurs démocratiques. Dans cet épisode, Gemma Jones Ndjoli revient sur les discriminations subies en tant que femme dans un monde dominé par les hommes. Elle affirme la nécessité d’avoir des institutions transparentes et une indépendance de la justice pour faire avancer la société et les droits des femmes. *Depuis l’enregistrement, Gemma Jones Ndjoli a été réintégrée et peut à nouveau exercer dans son pays. Ecouter

#048 – Moira MILLAN

Moira MILLAN

Première publication le 17/10/25 La Mapuche Moira Millan est une écrivaine, réalisatrice et militante pour les droits des peuples autochtones, et pour l’égalité entre tous.  Face à des gouvernements et des multinationales qui pillent les terres et violentent son peuple, elle a écrit un manifeste nommé “Terricide”, proposant une pensée décoloniale et un modèle de société alternatif. Dans cet épisode, Moira Millan revient sur sa lutte contre le colonialisme, le patriarcat et le capitalisme et appelle à une réaction des Etats face à la politique répressive de Javier Milei.  Victime de violences conjugales, elle se confie également sur sa relation avec les hommes et son enfance tragique sauvée par la lecture. Ecouter